Les vastes plaines ouvertes,
les belles collines qui ondulent
et les ruisseaux qui serpentent
n'étaient pas sauvages à nos yeux.
C'est seulement pour l'homme blanc
que la nature était sauvage,
seulement pour lui que la terre
était "infestée" d'animaux sauvages
et de peuplades "barbares".
Pour nous, la terre était douce,
généreuse, et nous vivions
comblés des bienfaits
du Grand Mystère.
Ce n'est que lorsque l'homme
poilu de l'Est est arrivé et,
dans sa folie brutale,
a accumulé les injustices sur nous
et les familles que nous aimions,
qu'elle nous est devenue "sauvage".
Lorsque même les animaux de la forêt
commencèrent à fuir à son approche,
alors commença pour nous
"l'Ouest Sauvage".
Le crocus des prairies. (Légendes manitobaines)
Wappee était le fils du chef de la tribu des Pieds Noirs. Estimé de tous, il vivait paisiblement entouré des siens. N’ayant peur de rien, à l’abri des intempéries et des bêtes féroces dans le grand tipi, il grandissait en sagesse tout en suivant attentivement les enseignements de son père.
Quand Wappee eut douze ans, son père le fit venir.
« Mon fils, le temps est venu pour toi de devenir un homme. Un jour, si les Esprits le veulent, tu seras le chef. Pour cela, tu dois te montrer à la hauteur de ton peuple. Tu dois partir dans les collines. Tu reviendras dans cinq nuits. Alors, peut-être seras-tu devenu un homme libre, capable de conduire les tiens.»
Wappee quitta la tribu le soir même et se dirigea vers les montagnes. Il s’installa sur le sommet de la plus haute colline. Seul avec les étoiles, il se sentit libre, prêt à affronter tous les obstacles.
Au matin, Wappee se leva, le cœur léger. C’était une belle journée de printemps. La neige fondait lentement sous le chaud soleil.
Wappee s’assit et médita sur son avenir. Il devait attendre qu’un Esprit bienveillant lui montre, par le biais du rêve, le chemin qui le mènerait de l’enfance vers l’âge adulte. Mais le jour progressait et Wappee ne voyait toujours rien.
Aucune vision, ni âme qui vive, ne venait troubler le silence qui l’entourait. Très vite, la solitude et la peur s’emparèrent de lui.
Le soir venu, il s’allongea à nouveau dans l’espoir d’avoir une vision. Mais rien ne vint.
Le lendemain se passa en tous points comme la veille. La journée chaude étala les couleurs de l’aube jusqu’au crépuscule pour se fondre ensuite dans la pénombre de la nuit. Wappee ne bougea pas.
Il ne lui restait maintenant que trois nuits avant de retourner chez son père pour lui annoncer qu’il n’était pas devenu un homme, mais qu’il était un lâche.
Le Grand Esprit ne lui avait pas permis de faire le rêve. Plus le temps passait, plus Wappee ressentait la douleur de l’échec.
Le matin suivant, alors qu’il observait les couleurs du soleil levant, il aperçut une petite fleur aussi blanche que la neige, qui reposait à ses côtés.
La fleur ouvrait grand ses pétales pour y laisser entrer le soleil. Elle se balança lentement dans sa direction jusqu’à ce que son esprit troublé fut calmé par la vue des montagnes bleues et de l’herbe verte des prés.
Assis non loin de la fleur, Wappee observa les corbeaux et écouta le bruit du vent. Le jour baissait. La montagne devint rose, puis magenta. Bientôt le soleil disparut, laissant place à l’obscurité.
Mais cette fois, Wappee ne se sentait plus seul. Il avait maintenant une amie :
« Petite sœur, dit-il, toi si fragile, que fais-tu dans cet endroit froid et venteux? Je vais me coucher près de toi pour te réchauffer. Mais je ne veux pas t’écraser. »
Et pendant qu’une partie de son esprit se reposait l’autre partie veillait sur la petite fleur blanche.
Lorsque la nuit se prépara à rencontrer le jour, la fleur parla :
« Écoute, Wappee. Hier, tu étais triste car tu ne connaissais pas la peur. Celui qui ne connaît pas la peur est fragile. L’homme sage apprend à vivre avec elle. »
Le jeune indien, surpris, s’approcha de la fleur pour mieux l’entendre. Mais la fleur se tût, en se balançant au gré du vent.
Toute la journée, Wappee ne cessait de penser à ce que la fleur lui avait dit.
La nuit suivante, il protégea encore la petite fleur avec son manteau de fourrure. Puis, à l’aube, la fleur parla :
«Tu as bon cœur, Wappee. Tu iras loin.»
Puis, elle se tût jusqu’à la nuit suivante. Au lever du jour, elle dit encore :
«La sagesse et un coeur bon sont les qualités d’un grand chef. Si tu as des difficultés, reviens vers les collines, elles t’apporteront la paix et la chaleur.»
Puis Wappee s’endormit paisiblement. Son sommeil fut peuplé de visions : devenu chef de sa tribu, il la vit heureuse et prospère.
Il était maintenant temps pour Wappee de retourner vers les siens. Cependant, avant de partir, il dit à la fleur :
« Petite sœur, pendant trois nuits, tu m’as consolé de ma solitude, tu m’as aidé à avoir des visions. Demande-moi ce que tu veux et j’irai voir le Grand Esprit pour qu’il exauce tes vœux.»
La petite fleur répondit :
«Wappee, demande au Grand Esprit de m’habiller de bleu et de violet, comme les montagnes, afin que les hommes puissent me voir et me tenir en compagnie, un petit soleil doré que je garderai tout au fond de mon cœur pour me consoler les jours de pluie, un manteau chaud pour que je puisse faire face au vent froid qui souffle et à la neige qui fond. Ainsi, j’apporterai confort et espérance à tous les hommes.»
Le Grand Esprit, qui avait entendu cette conversation fut sincèrement touché par la bonté de Wappee envers la fleur aussi, répondit-il aux souhaits de ce dernier.
La petite fleur blanche devint alors bleue et violette avec au centre un cœur chaud et doré, enveloppé d’un manteau de verdure. Cette petite fleur s’appelle le crocus des prairies.
Les hommes admirent sa force et sa fragilité, ses couleurs et sa chaleur. Elle est aujourd’hui l’emblème floral du Manitoba
Frère, notre territoire était grand et le vôtre était petit. Vous êtes maintenant devenus un grand peuple, et il nous reste à peine l'espace pour étendre nos couvertures. Vous avez notre pays, mais cela ne vous suffit pas. Vous voulez nous forcer à épouser votre religion.
Frère, continue à écouter. Tu te dis envoyé ici pour nous apprendre à rendre le culte au Grand Esprit d'une manière qui lui soit agréable. Et tu prétends que si nous n'adoptons pas la religion que vous les Blancs vous prêchez, nous seront malheureux ici-bas. Tu dis être dans le vrai et que nous sommes perdus. Comment pourrions-nous vérifier la vérité de tes paroles? (...)
Frère, tu dis qu'il n'y a qu'une seule façon d'adorer et de servir le Grand Esprit. Si il n'y a qu'une religion, pourquoi le peuple blanc est-il si partagé à ce sujet? Nous savons que votre religion est écrite dans un livre. Pourquoi n'êtes-vous pas tous d'accord, si vous pouvez tous lire le livre?
Frère, nous ne comprenons pas ces choses. On nous dit que ta religion a été donnée à tes ancêtres, et s'est transmise de père en fils. Nous aussi nous avons une religion que nos ancêtres ont reçue et nous ont transmise, à nous, leurs enfants. Nous rendons le culte de cette manière. Il nous apprend à être reconnaissants pour toutes les faveurs que nous recevons, à nous aimer les uns les autres et à être unis. Nous ne nous querellons jamais à propos de religion parce que c'est un sujet qui concerne chaque homme devant le Grand Esprit."
Sa-go-ye-wat-ha, ou Red Jacket, chef Seneca (Iroquois) et grand orateur des Six Nations
Les Indiens Arawaks sont méconnus, pourtant ils sont les premiers habitants des iles caraïbes, je voulais leur faire une dédicace car ils ont été exterminés en masse et ont été remplacés aux Antilles par les esclaves africains.
Il s'agit là des premières populations que Colomb a rencontrées dans les îles ou sur les côtes de l'Orénoque. Ces populations sont au stade néolithique ; elles ne connaissent pas l'usage des métaux. Ces Amérindiens connus sous la dénomination d'Arawak, de Karibs, de Tupi ou de Gê n'ont cessé d'alimenter des stéréotypes dont celui du cannibalisme.
Tous sont originaires des bassins de l'Amazone et de l'Orénoque.
L'invasion des Antilles par les Arawaks et les Karibs
Le peuplement méso-indien
Les matériaux trouvés sur les sites archéologiques du Vénézuela et de Trinidad remonteraient à près de 10 000 ans avant notre ère. Les outils (pointes de flèche, fragments de silex, ossements de mammifères) indiquent que ces populations pratiquaient la chasse et la cueillette ; elles vivaient en petites bandes et suivaient les migrations d'animaux.
Clerc pense que ces populations de chasseurs-cueilleurs deviennent pêcheurs vers 5 000 av. J.-C. en raison de la vague de sécheresse qui s'abat sur la région et de la raréfaction du gibier qui en aurait résulté. Au cours des siècles, ces populations apprennent à fabriquer des embarcations et à naviguer. Ils se répandent aussi dans les Antilles.
Les fouilles archéologiques de l'aire circumcaraïbe contiennent des éléments culturels et technologiques donnant l'impression d'une origine mésolithique archaïque. Tous les sites possèdent des caractéristiques d'habitat de pêcheurs et ne possèdent pas de céramique. Les premiers habitants des Antilles seraient donc des Méso-Indiens originaires du Venezuela.
CE CADRE EST OFFERT A INDIANLAND par PRUNETTE que je remercie vivement